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Foire aux Questions - Les thèmes  |
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Retraite
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Une autre réforme des retraites est possible en recherchant de nouveaux financements là où ils sont : dans un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée au profit des salaires.
L’argument paraît simple et efficace. Le seul problème c’est qu’un indicateur économique n’est jamais davantage qu’un outil d’analyse parmi d’autres et que l’analyse de la réalité d’une économie et des rapports de force sociaux qui s’y jouent ne peut être réduite à un seul indicateur.
Un seul élément permet de s’en convaincre : la part des salaires dans la valeur ajoutée est plus forte aux USA et au Royaume-Uni qu’en France. Si l’on en croit les partisans de « l’autre réforme » le « modèle » anglo-saxon est donc bien meilleur socialement que le « modèle » français. Ce n’est pourtant pas leur thèse, et sur ce point ils ont raison. Il doit donc y avoir un hic !
En réalité la mesure du partage de la valeur ajoutée est effectuée en distinguant, dans la valeur ajoutée des entreprises de production de biens et services, la masse salariale (salaires et ensemble des cotisations sociales parts « salariale » et « patronale ») et le reste c’est à dire le résultat brut d’exploitation, avant impôt. Cet indicateur ne tient compte ni de la redistribution, ni de la fiscalité. Il ne dit rien sur les inégalités réelles. Il ne dit pas davantage quelle est la part socialisée de la production nationale, quelle est le poids des services publics.
Prenons un exemple : supposons que l’on augmente fortement, sous une forme ou une autre, les taxes pesant sur le résultat des entreprises. Cette mesure conduira les entreprises à faire pression sur les salaires, ne serait-ce que pour préserver leurs capacités d’investissement. En bout de course la part des salaires dans la valeur ajoutée aura baissé. Mais cela n’apporte aucune information sur la pertinence du choix fiscal qui aura été fait au regard de son utilisation collective.
Ce n’est pas complètement une hypothèse d’école : si l’on ne réforme pas les retraites des fonctionnaires, des ressources fiscales supplémentaires seront nécessaires pour les financer et ce scénario pourrait se vérifier.
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